Jacques Dutronc de retour à Forest National
07 mai 2010
Rédaction en ligne
mercredi 05 mai 2010, 16:00
Vu l’engouement suscité par son précédent concert du 12 mars à Forest National, Jacques Dutronc ajoute une date à sa tournée belge. Celui-ci se produira à nouveau à Forest National le 21 mai.
Jacques Dutronc de retour à Forest National
Le retour sur scène de Jacques Dutronc est l’un des événements musicaux majeurs de cette année 2010. Le chanteur français ne s’était pas produit sur scène depuis 1993.
Les personnes qui le désirent peuvent réserver leurs places au 0900/00.456 ou dans les points de vente habituels.
http://www.lesoir.be/culture/musiques/2010-05-05/jacques-dutronc-de-retour-a-forest-national-768268.php
Dutronc à Forest National : rencontre avec un monument de la chanson française
07 mai 2010
Interview: Corinne Marlière
Quelques minutes après le dernier solo de batterie, il arrive décontracté à l’interview, verre de vin rouge à la main et cigare au coin des lèvres. S’en suit une conversation en toute simplicité et pleine d’humour avec les journalistes.
On sait que vous ne vouliez pas remonter sur scène parce que vous n’aviez pas de nouvel album. Ca vous faisait vraiment peur de ne pas avoir quelque chose de neuf à proposer?
Du moment que vous faites un nouveau disque, personne n’écoute. En concert, ils veulent entendre ce que vous avez déjà fait, ou alors il faut que ce soit suriné à la radio pendant un an ou deux. J’ai déjà fait des concerts où il y avait des nouvelles chansons et personne ne les écoutait. Mais il fallait bien que je me trouve des excuses pour ne pas remonter sur scène...
Vous avez manifestement plus de plaisir à être sur scène qu’en studio.
Le studio, ça craint. J’y ai eu du plaisir, mais à la vraie époque, quand il n’y avait que deux pistes. Donc, quand quelqu’un se gourait, il fallait tout refaire, tout en direct. Maintenant, il y a deux millions de pistes avec le numérique, 40 pistes pour un tambourin. J’aime pas ça, moi je préfère voir des vignerons travailler le vin...
Mais vous vous mettez en danger quand vous venez sur scène affronter le public. C’est quand même du plaisir?
Sincèrement, je n’ai jamais ressenti de l’anxiété, du trac ou de l’angoisse. Et je ne prends rien comme euphorisant, je vous assure. La scène m’a manqué pendant 17 ans. C’est ce que j’expliquais sur Canal+, quand Denisot me demandait pourquoi j’avais décidé de remonter sur scène. J’ai dit aux chroniqueurs de se pousser. Le public hurlait derrière et j’ai dit: “Voilà pourquoi”. C’est vrai qu’au cinéma, derrière une caméra, ça manque un peu. Surtout moi qui vis avec des chats qui chantent pas beaucoup, qui ne parlent pas non plus. Ca change de la Corse, là, c’est bien (NDLR: Dutronc vit actuellement en Corse entouré d’une quarantaine de chats).
Vous avez dit au début de votre concert que c’est une longue histoire entre Bruxelles et vous. C’est quoi cette histoire ?
Hou là, c’est très vieux. Question indiscrète... Je venais chercher des cigares ici il y a très longtemps, chez Madame Zabia. Je venais me fournir toutes les semaines, puis j’allais dans un restaurant manger de la lotte aux poireaux, et après dans un autre bistrot, des trucs à moelle. Toutes les semaines en voiture, dans les années 70. Par contre, je ne suis jamais venu enregistrer ici, c’est quand même con...
+ Découvrez la suite de l’interview de Jacques Dutronc dans l’Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 15 mars 2010.
http://www.actu24.be/article/detail.aspx?articleid=424893
Jacques Dutronc: sortez les cigares!
07 mai 2010
Par David HOUDIN, le 6 mars 2010
Après le retour cinématographique de l’homme à la tête de chou s’ouvre une nouvelle page sur le passé de la chanson française. Passé ai-je dit ? Je ne veux pas y croire. À l’heure où la cigarette est bannie des concerts et où il faudra se contenter de la « performance » de jeunes artistes sans grande créativité, l’homme qui réveille Paris à cinq heure du matin est de retour : sortez les cigares !
Les années 1960, qui ont façonné toute une génération d’artistes, qu’ils soient musicien ou peintre, ne cessent de nous hanter. En effet la jeunesse de nos parents est celle dont nous rêvons, alors chaque opportunité de s’y replonger n’est pas manquée. Qu’il s’agisse de Dylan, Bowie, Polnareff, Led Zeppelin, nos chers artistes d’hier sont devenus un symbole incontournable. Alors faut-il s’étonner du succès du come back de Jacques Dutronc ? Non, mais pourquoi ?
dutronc-2Dutronc, c’est un nom, une marque de fabrique, une icône. Il réveille les années folles qui sommeillent en nous. C’est une peinture qui traduit un mode de vie, une photographie qui nous projette dans un monde bien plus plaisant, un monde où la vie était plus facile, un monde où la jeunesse avait de la gueule et où l’avenir était façonnable à l’envie. Mais si cela nous dit pourquoi Dutronc remplit les stades, ça n’explique cependant pas comment.
D’abord, les années 60, ce sont la genèse du rock. Tout part de là. En 1954 Elvis Presley enregistre That’s all right mama mais il ignore que ce tube va générer tout un mouvement musical d’après-guerre qui va changer le monde artistique. En moins de vingt ans après ce titre, le rock connaît une apogée incommensurable et les génies musicaux ne manquent pas. C’est une phase d’abondance artistique et intellectuelle, un phase non conformiste qui va imprégner d’abord sa propre génération, les baby boomers, puis s’étendre aux générations futures. Oui, le rock est grand père ! Le rock est la musique du sexe, du glamour, de la liberté individuelle, donc le rock ne vieillit pas, tout comme ses icônes. D’une part, ils ne vieillissent pas musicalement, et d’autre part, ils ne vieillissent pas physiquement. Jagger, Bowie, Dutronc demeurent ces dandies que les ladies aimeraient retrouver dans leurs draps de soie. Car si les baby rockers français font aussi bien que les aînés, ils ne font pas mieux, ne sont pas plus talentueux voire certainement moins, et ne paraissent alors que comme de vulgaire copies d’un passé qu’ils n’ont pas connu. Les Anglais et Américains s’en sortent mieux car ils créent et ne recréent pas.
Ici se trouve la clé du succès de l’homme au cigare : personne en France n’est derrière pour reprendre les rennes de Gainsbourg, de Brel, et de Jacques Dutronc. Alors, quand le produit authentique revient sur les planches, les billetteries explosent : l’effet de mode du come back est lancé. Certainement est-il lancé et ce depuis la mort des plus grands. Les rééditions des Beatles, des Doors, Kinks, Hendrix, et du dernier grand disparu, Nirvana, sont des succès commerciaux qui tombent à point nommé. Car c’est quand l’histoire s’arrête violemment qu’elle marque le plus. Alors quand Dutronc revient sur scène, deux ans après Polnareff, assez longtemps pour que le retour de ce dernier soit oublié, il est seul et indétrônable. Seul car il est le dernier qui a cette insolence si chère à l’adolescence, ce « je-m’en-foutisme » absolu qui porte la marque des années 60, des années nouvelles du Rock’n'roll.
dutronc-3Dutronc l’a bien compris. Son show est digne de ce que l’on attend de lui. Nonobstant, il a tenu à moderniser son spectacle et là c’est un coup de glaive dans l’eau, car la modernité dans le rock français est en général synonyme de médiocrité. Avec un show très rock, bien plus que Dutronc n’a pu l’être, avec des apparitions étranges (une hobbit à l’humour plat, des subalternes fiers et idiots d’agiter des balais dans tous les sens) et des clins d’œil surprenants comme l’arrivée de Thomas Dutronc et de sa guitare sur scène, Jacques Dutronc affirme une fois de plus que la scène française ne sait rien faire d’autre, et surtout rien de mieux qu’avant.
Assurément, lorsque l’on s’aperçoit que nos seuls artistes talentueux, comme Phoenix, Daft Punk ou Justice s’en vont outre-Atlantique pour rencontrer le succès qui leur est du, seuls nos vieux démons Rock’n'roll roll font vibrer transistors. Longue vie à Dutronc !
http://www.ad-actu.fr/jacques-dutronc-sortez-les-cigares.html
Jacques Dutronc Du Rock et de la Roll
07 mai 2010
Jacques Dutronc... In onze contreien denkt een enkeling dan hooguit aan J'Aime Les Filles of Paris s'Eveille. Maar waar Frans de voertaal is, is de man een levende legende. Na een sabbat van zeventien jaar keert deze pensioengerechtigde punker avant la lettre terug naar het podium. En dat is meteen goed voor een vijftigtal quasi uitverkochte concerten in grote zalen. Nieuwsgierig nestelden wij ons dus in de zeteltjes van Forest National.
Zaallicht uit. Spot aan. Dutronc zit - zonder sigaar! - in een zwartlederen fauteuil en laat zich uitgebreid toejuichen en zet Et Moi Et Moi Et Moi in. Een vinnige band smijt een groove neer van "on les aura" en On Nous Cache Tout, On Nous Dit Rien en Qui Se Soucie de Nous doen de zaal op haar grondvesten daveren. De stampers worden afgewisseld met plakkers als Comment Elles Dorment en Gentleman Cambrioleur, dat zelfs wat naar schlager riekt. We kunnen het de immer coole Dutronc nog nèt vergeven.
Met zijn leren vest en stomende band doet Dutronc ons wat denken aan Elvis' comeback in 1968, maar dan met Franse flair. De hits worden allemaal feilloos afgewerkt en tussen de songs door vertelt Dutronc wat onnozelheden. Hij vertelt onder meer over zijn "tournees" met Gainsbourg - "pas dans le Zénith ou le Bataclan, mais dans le p'tit bistrot du coin" - om Hymne à l'Amour, de Franstalige tegenhanger van Jan De Wildes Hè Hè, in te zetten.
Dutronc is eerder een playboy en bon-vivant dan een protestzanger, maar L'Opportuniste blijft toch een knappe analyse van politieke en andere windhanen. Wij zouden de heren Anciaux en Leterme aanraden die tekst even te lezen, als zij tenminste Frans begrijpen.
Zestigerjarenhits als J'Aime Les Filles, Les Playboys en Fais Pas Ci, Fais Pas Ca krijgen een mooie update om naadloos te passen tussen recenter werk als het meer ambientklinkende Madame l'Existence. Etienne Daho - een soort Bart Kaell qua uitzicht - zingt net als op de plaat mee op Tous Les Goûts Sont Dans Ma Nature en dat duet mag er zijn.
Met een zestal grote bewegende spiegels en leuke lichtspelletjes is de scène-aankleding ook een lust voor het oog, m. En om er een echte show van te maken komen er naar het einde toe grappen en grollen met een klein danseresje in een knalrood kleed - een soort Beth Ditto in zakformaat - en een grote tapdanser in wit kostuum; de podiumhulpjes doen iets met veegborstels en voor La Compapade wordt het podium volgestouwd met slagwerk. Soms leek het meer op een goedkope variétéshow in een uitzuipclub niet ver van de Folies Bergère.
Tijdens Les Cactus - naar onze mening 's mans beestigste hit, ajajaj, oeie! - staat heel de zaal op haar achterste poten en dat zal zo blijven voor de resterende songs. Na een onvermijdelijke Paris S'Eveille en een reprise van Et Moi Et Moi Et Moi als bis - met Dutronc, voor het eerst, op gitaar - gaan de muzikanten en figuranten één voor één van het podium.
Al met al zagen wij een vrij voorspelbare show - de setlist verandert nauwelijks en de arrangementen zijn dezelfde als zeventien jaar geleden - en het variétégehalte was niet echt aan ons besteed. Maar het bleef toch geweldig amusant en we hadden het voor geen goud ter wereld willen missen. In Vorst komt de goede man nog een tweede keer, maar u doet er goed aan snel te reserveren. Wellicht trekt Dutronc zich hierna weer voor een paar decennia terug op zijn Corsicaans landgoed, ter voorbereiding van weer eens een comeback.
14 Maart 2010
Stefaan Van Slycken
http://damusic.be/live/jacques-dutronc/du-rock-et-de-la-roll